Que dire d’autre que:
Que dire de ce que s’envole en applaudissant
Voilà ce qui m’altère de ce plomb fondu
Qu’il croyait mais je le vis s’enliser dans des tourbes vineuses
Que dire d’autre que :
Dans ce temps là, il y avait peu de chances pour la mort
Rivages posés en accordéon diatonique
Visages creusés d’amères rides cassées de chants
Pourtant, roulant les galets en franges bruissantes suspendues
Le long des continents coupés au couteaux
La mort
Nous y reviendrons puisqu’il nous faudra encore marcher longtemps
Assez pleins d’un certain espoir
Assez vides d’une autre espèce d’espoir moins salé
La mort en ce temps là bâtissait en bordure d’Océan les créneaux de fortune
Grande série de périples étourdissants dans ce temps si lointain
Juste à laurée du souvenir des hommes
Grands remuements à travers les éons planétaires
De tout bords, chahuts, charivari, décombres
Par lesquels fût indiqué le sens implacable du mouvement céleste
Duquel rien ni personne ne sauraient échapper
Ni l’enfant ni le chien
ni le seigneur, fût-il maître ou esclave
Temps d’une chevalerie de peu de moyens, de peu d’armes, de beaucoup de courage
Temps de chevauchées rustiques
De chevaux gueulants comme des chiens
Nous posâmes pour l’éternité le crâne de la mère morte
Sur le sommet couronné d’arbres de la colline de l’origine
Temps du commencement de toutes les quêtes humaines
La mort est mouvement des âmes dans l’écrin de verre dépoli
Plus la soif, ni la faim, ni de besoins que d’une ombre distale
Car la mort et la vie c’est pareil
Dans tous les vieux parchemins la vie rejoint la mort en son parfum
Ce n’est que d’hier que d’autres sont venus de leurs poinçons ineptes
marquer la différence et le Je et le Nous et toutes ces régions
Qui voulaient décider du sort de toutes les choses et de toutes les âmes
Posant au dessus du crâne sacré le dôme de cristal des Nations
Morses et meurtres, choix à ennoblir
Cruelles meurtrissures, ficelles du métier
Dureté du lion, dans les armureries
Et la corderie s’étire comme l’échine
Et la tannerie s’étire des peaux à perpète
Et les copeaux sous le soleil se fanent
Dire que j’ai failli croire, en ma carne
Je errais parmi les crus luminaires
Flattant la croupe de ma jument saline et maritime
Je errais parmi les lupins, fier de ma monte
Occulaire, je phascinais l’horizon, au Sud
A l’Est, meurtres d’enfant, nurses dans l’Ouest
Des multitudes freudiennes musellent des déesses
Dire que d’y croire je faillis périr en la cornue
Blessé aux esselles par lesquelles je fus hissé
Je m’aspergeais largement d’un déodorant féminin
La sueur n’a pas d’égales en ses effluves pleutres
La sueur mange les surgeons de la crasse ouvrière
Nous votâmes et les puces éclatèrent dans ma cuisine
Les dires crus, nous, dans notre nombre, déclinèrent
Apaiser les muses, voilà en quoi je milite
Lilith, puisses-tu pardonner à mes jeunes égarements
Je déchirais à dents le cuir des liens qui m’usèrent
Mes ongles y laissais et la peaux de mes doigts
Acharné dans mes nerfs et mes viscères, je tuais
D’éloquance je vidais, délaissant les madones
Alors s’éveillèrent les coeurs des rances, je vis la nuit
Bien plus loin, alors que plume je jouissais du vent
Une fée, dans sa bonne Mérelle m’étreignit
Avant, juste avant que le sang me prenne mes ans
A nouveau des écrans par milliers se mirent à voler
Je me vis en eux et la peur envahit mes muscles aussi
Rassures-moi, Fée, dis-moi en quoi ma mente peut croire
Je te remercierais de baisers sur ta bouche bleue
Bien plus loin, au delà des affaires d’ombre
Sortie des mers du Nord, une plus que Fée
Puisqu’en sa nature elle est une vraie femme
Parvint à ôter de mon corps l’odeur de mort
Parvint à éluder, pardonner et concevoir
L’homme en qui le fils espérait depuis les siècles
En son ventre tissé de lueurs d’espérance
D’autres souvenirs d’enfance écoulés dans la paisible radiation jaune et fleurie d’une prairie toute frétillante de grillons.
D’autres souvenirs d’une lointaine petite fille dévisagée dans la perpective d’une rue villageoise toute irradiée des flagelles d’hirondelles.
D’autres anciennes images puisées dans l’eau transparente d’une mémoire qui va par flaques de reminiscences qui ne semblent plus savoir se renouveler.
D’autres choses où ça murmure dans un espace très grand comme déchiré par des fragrances de ciel méridionnal explosé comme des colères.
J’aurais, dans la pleine candeur d’un short toujours trop court qui rallonge ma honte et la creuse dans la profondeur épouvanté de mon âme, d’autres souvenirs de mon contact avec les hommes et les femmes de mon peuple.
J’aurais, dans l’agitation extrême d’un rayon de Lune tout cassé de s’être perdu dans les rues cuites et recuites, des souvenirs dont les bordures seraient cramoisies au contact des brulantes haines de mon enfance.
J’aurais, épuisé de toujours lutter contre moi-même et les instants d’une folie toujours contenue dans cette force dont je me demande d’où elle me vient, des réminiscences de la mise au monde de mon être dans l’étranglement de l’improbable.
J’aurais, toujours épiant les moindres intestices dans la crainte d’y voir s’agiter comme les nageoires de la truite ancestrale toute tachetée de fureur, des remontées acides de regrets que rien dans la pharmacopée n’autorise à penser qu’elles disparaitront un jour.
J’aurais, ô destin, à presser à mort cet agrume entre mes mains à la puissance décuplée par le désir du bonheur autant d’obstination qu’en a Kronos à serrer entre ses machoires le corps de ses enfants broyés vifs.
J’aurais de la vie dans mes morts multiples.
J’aurais tellement de vie , composée par l’harmonie de toutes ses petites et cruelles morts, tans de vie dans l’azur de mes tempes argentées.
J’aurais moins de mort que beaucoups de vivants au regard noyé par l’insignifiance, pourtant, combien je fus tué par l’insignifiance.
En ta contemplation, muette androïde
En ton plâtre juste dansant
En ta matière métallique à peine agitée d’insectes
En ta grouillance d’éclats larvaires
En cette pérégrination de lithiases
As-tu perçu la présence de mon esprit ?
Dis-moi, Dame de mes pensées
Avoue que je t’ai perdu
Avoue que le subreptice flux
Tout juste sortie de la mort
Tout juste démailloté de sa préhistoire
Avoue-le maintenant, en cette aube
Il sua des glaires au dessus de ta tête
Je le fais ici, voici que je philosophe
Que je fais le poème philosophique
Mais il s’en faut que quelqu’un seulement me comprenne
Il lui faudra rentrer dans mon voyage
Dans l’espace et les dimensions de mon âme
Ô non, cela n’est pas donné
Ô oui, cela sera repris même, par les elfes
Contemplant des primevères au seuil de leur dernier souffle
Je m’arrachais à ce qui tient lieu de penser juste
Je suivis leurs racines à l’agonie et je goutais leur plainte
Plainte à la Terre, au Soleil, à la Lune et aux eaux du Ciel
Plainte tournée en forme d’étoile et lâchée tout au bord du prisme
Au dessus du vase de leurs pensées de fleurs mourantes
S’alluma comme un au-delà possible de primevère
Avoue que je t’ai perdu
Avoue que le subreptice flux
Tout juste sortie de la mort
Tout juste démailloté de sa préhistoire
Avoue-le maintenant, en cette aube
Il sua des glaires au dessus de ta tête
Que je fais le poème philosophique
Mais il s’en faut que quelqu’un seulement me comprenne
Il lui faudra rentrer dans mon voyage
Dans l’espace et les dimensions de mon âme
Ô non, cela n’est pas donné
Ô oui, cela sera repris même, par les elfes
Je m’arrachais à ce qui tient lieu de penser juste
Je suivis leurs racines à l’agonie et je goutais leur plainte
Plainte à la Terre, au Soleil, à la Lune et aux eaux du Ciel
Plainte tournée en forme d’étoile et lâchée tout au bord du prisme
Au dessus du vase de leurs pensées de fleurs mourantes
S’alluma comme un au-delà possible de primevère
Couvrant de leur manteau les strates croupissantes
Les mantes, en pleine mues, mangeaient leur mâle
Il s’en faut de beaucoup que cela donne le change
Mais enfin, qu’est-ce donc que l’avenir nous réserve
Nous avions d’autres manteaux tissés de cheveux roux
Nous en couvrîmes les corps des vierges devant les buchers
Ailleurs, je veux dire sur d’autres plaines en feu
Des arbres tournoient enlacés dans des vents étourdissants
Ils balaient le ciel des miasmes de nos pensées
Leurs feuilles sont d’acier froid poli qui déchirent le silence
Ailleurs aussi, je veux dire dans d’autres hostilités mornes
Cela ne bouge tellement pas que la mort même fuit
Nous y fîmes un somme, une fée de ma connaissance y a sa couche
Nous y fîmes un enfant aux yeux clair comme l’aurore
Moi, quand ma coupe sera pleine de toute la vie
Je la verserais là où le sable contient le moins de vie

Moi, ramant à contre courant des fleuves de feu
Crevant de mes mains les surfaces acides
Et muet, parce que de trop de bruit muré
J’avalerais la méduse cosmique et son venin d’un trait
Pour protéger mes enfants des confins d’amertume
Moi, aveuglé encore, muré de mieux en mieux
Mais toujours remontant vers ta source
Je fermerais l’oviducte de la haine contre ma vie
J’entendais appeler la meute et ses chiens hurler
Cela depuis les premières pluies qui ont étouffées mon âme
Je l’entendais de mieux en mieux et ses chevaux piaffaient
La horde, la horde est le jouet de mes enfants petits
Mes enfants ont appelé la horde et la horde m’appelle
Ô moi qui ne comprend pas la langue de mes fils
Je suis perdu sur le fleuve de feu et mes mains brulent
J’irais malgré la peur, malgré la tenaille de mon ventre
Je vois de l’ocre et de la poussière et ma chair en lambeau
Ils se partageront mon corps équitablement et le mangeront
Sur les Tables il le mangeront et celles-ci seront fracassées
Sur les Tables et ils inviteront les femmes à danser sur moi
Vois-tu, j’avais menti à mes enfants avec le futur
Mais ils sont venus du futur et de lui ils savaient la texture
Le goût du futur ils savaient, marchant à mon encontre
Le son du futur ils savaient et sa couleur et son chant
Alors que j’arrivais à l’orée des temps du commencement
Terrorisé par la puissance de ma propre vie
Un autre chemin prit forme au delà de zéro
Comme un devinement parmi la lumière insoutenable
Mes enfants perçurent l’hésitation dans mon cœur
Ils poussèrent leurs montures folles dans mes ornières
Hurlant parmi les ors et les velours incarnats des vierges
Ils vinrent dans mon dos et le pas que je fis les fis naître
Le Trône attendait la vie puissante du passeur d’enfants
La Déesse qui est mère lava son corps qui devint guerrier
L’étendu du cosmos est son drap piqué d’étoiles et de comètes
Sa solitude est une myriade solaire et l’origine des fleuves de feu
Moi, agitant de mes mains la surface du lac insondable
Je vois le futur à travers les yeux du peuple issu de moi
Je vois, consacrant les ères comme les colonnes d’un temple
Tout autre temple asséché comme sable et dispersé aux confins
Je vois, tournoyant dans mes cités lacustres, les ailes de joies
Les vifs argentés maîtrisant les serpents et les ogres
Mes vifs argentés contenant dans leur champs les lambeaux de la haine
Mes vifs argentés couronnant mes enfants de l’amour de mes nerfs
Lorsqu’il ne fût plus question d’aucun battement de cœur
L’Empire remonta sous moi du plus profond des océans
Comme un cœur encore plus grand, multiple et solide
Il se fit bouclier d’airain, muscle planétaire, organe alchimique
Lorsqu’il ne fût plus question d’aucune chose sérieuse
Je gravis sur mon véhicule nouveau les échelles mystiques
Je défis de mes mains l’anneau du Dieu enfermé
Et Celui-ci se répandit sur l’homme et dans son âme

Grève sur l’héliport
L’Abondance a passée
Comme passent les transports amoureux
Les transes et les Dieux
Lorsque vêtues d’hivers
les Gloires fendent
Gèlent aussi les larmes des chiens
Grève sur l’héliport
L’Urgence a passée
Comme meurt la souffrance chue
Dans le silence du vide
Pressées tant que du zeste se mêle
Et l’or qui se trouble de plomb
Et l’or qui se trouble de peur
Grève sur l’héliport
Nous n’irons plus aux catastrophes
Relever la mère reconnaissante
Les décombres fumeront
Victoire de l’ordre numéraire
L’éco-système compte en euros
Système de plouquerie comptable
Nous n’irons plus à l’héliport
Les ailes sont rouillées les plomberies bouchées
Il nous faudra courir à pied
Porter le secours et le sang
Voilà que s’affaissent les rudiments
Voilà que s’affaisse le cœur
Il y a grève sur l’héliport
Ce qui n’a plus soif ni faim
Des géants et des nains
Des vers rampants et des souverains
Il n’y a plus ni Dieu
Ni rien d’autre qui vaille
Ni biens ni cieux
Depuis les épousailles
Laisse manger dans ta main
Et puiser dans ton eau
Ce qui est sans besoin
Sans envie pour tes os
Depuis le jour dans la prairie
Ce jadis où tout fut dit
Les hirondelles et leurs cris
Et la glace brisée dans le sceau
Il n’y a plus de Dieu
Que de Nature et de Jeu
D’organes aux gestes douloureux
De montagnes mouvantes et bleues
Qui n’a pas de nom mangera dans ta main
Le miel de toutes les saisons
Qui est sans fatigue goutera dans ta main
Le nectar de toutes les figues
Qui est sans raison
Sans Moi et sans maison
Sans d’autre vie que d’être tout cela dans ta main
Sera Monde et levain

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Toujours je m’arrête
Au bord du Toi
Craignant quelque tempête
Apprête-moi d’Or
Prête moi la distance
Sans velours sans décors
Nu dans l’univers immense
A l’orée du Pourquoi
Caché dans sa margelle
J’affecte d’être Roi
Mais son puits me harcelle
Dans le noir sans ta main je meurs
Précède ma délivrance
Mon âme et j’ai si peur
Souffle ton espérance
Au bord du moi
Sort de l’œil une sentinelle
En forme de Père Ubu
M’écrase pauvre coccinelle
Au bord de moi
Sort de l’œil
Une flèche d’or
A l’orée du corps

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