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	<title>Vue d&#039;IFSI</title>
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	<description>Atelier discret où se cuisine du formateur en soins infirmiers</description>
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		<title>L&#8217;affaire du protocole de soins indigne</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jun 2011 20:29:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouveau référentiel]]></category>
		<category><![CDATA[idéologie]]></category>
		<category><![CDATA[protocoles]]></category>
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		<description><![CDATA[En quelques jours le billet de blog de Louis Van Proosdij Dupont a fait un buzz inimaginable sur internet, suscitant une mobilisation sans précédent. A tel point que le gouvernement lui-même, en la personne de Xavier Bertrand, s&#8217;en est ému, si l&#8217;on peut dire que ce gouvernement s&#8217;émeut de quelque chose, et que son cabinet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En quelques jours <a title="Le billet de Louis" href="http://blog.van-proosdij.fr/2011/06/14/sante-service-quand-les-protocoles-ignorent-lhumain-ou-histoire-de-la-degradation-des-soins-fondamentaux/" target="_blank">le billet de blog de Louis Van Proosdij Dupont</a> a fait un buzz inimaginable sur internet, suscitant une mobilisation  sans précédent. A tel point que le gouvernement lui-même, en la personne  de Xavier Bertrand, s&#8217;en est ému, si l&#8217;on peut dire que ce gouvernement  s&#8217;émeut de quelque chose, et que son cabinet est entré en relation avec  ce courageux tétraplégique, entrepreneur du numérique, depuis quinze  jours au prise avec une régression foudroyante de sa prise en soins sous  le prétexte de l&#8217;application imbécile et inhumaine d&#8217;un protocole dont  l&#8217;auteur mérite au moins des baffes, comme dirait Obélix.</p>
<p><span id="more-740"></span></p>
<h3>De la colère à la réflexion</h3>
<p>La  lecture de son témoignage m&#8217;a mis dans une colère indescriptible, j&#8217;ai  eu honte (encore une fois) que dans notre pays des soignants puissent  accepter passivement d&#8217;exécuter des ordres débiles. Je veux bien qu&#8217;il  faille garder son job mais alors qu&#8217;en est-il des belles et louables  intentions que nous chantons en coeur avec les Etudiants en Soins  Infimiers dans les IFSI ou avec les élèves aides soignantes dans les  IFAS ? Que sont-elles devenues les merveilleuses valeurs humanistes  prônées avec conviction devant des générations de futurs soignants  depuis FlorenceNightingale ? Quel vent mauvais les emporta ?</p>
<p>Et  puis quoi, on se fout de qui ? Ce qui m&#8217;a mis le plus en rogne c&#8217;est  que, en tant que formateur en soins infirmiers, je mets en oeuvre avec  mes collègues, dans quelles difficultés, un magnifique nouveau  référentiel de formation dont l&#8217;un des piliers (j&#8217;ai pas compté mais il  se peut qu&#8217;il y en ait sept) est constitué de l&#8217;idée maîtresse de la  formation de <em>praticiens réflexifs.</em> Nous sommes sensé former des  têtes bien faites pour le plus grand bien de la population en général et  des patients en particulier. Nous sommes sensé former des générations  de soignants qui seront à même d&#8217;analyser et critiquer leur activité  pour la faire évoluer dans le bon sens et avec bon sens.</p>
<p>Or, ici,  loin de jeter tout mon stock de mauvaises pensées sur l&#8217;entreprise  incriminée à juste titre, nous assistons à une action dictée par une  logique bureaucratique stupide, administrative, que des professionnels  de la santé agissent dans le mépris le plus total des valeurs qui  devraient être les leurs. Bon, sans doute je jette le bébé avec l&#8217;eau du  bain et je sais qu&#8217;il s&#8217;en trouvent parmis eux qui feront et font déjà  leur maximum pour respecter le style de vie de Louis et d&#8217;autres qui  n&#8217;auront pas su attirer l&#8217;attention sur leur triste condition  d&#8217;existence. Le buzz provoqué par Louis va sans aucun doute mettre toute  la lumière (cela est déjà le cas) sur une réalité certainement assez  insoutenable pour des soignants comme moi.</p>
<h3>Contribuer à la réflexion</h3>
<p>Cependant,  je vais y mettre aussi mon éclairage dans cette lumière, à ma façon de  formateur en soins infirmiers. En effet, nous discutions avec quelques  collègues à propos de ce billet de blog, de ce que le nouveau  référentiel de formation des infirmières nous semblait en réalité  prendre le contre-pied d&#8217;un mouvement idéologique dominant dont nous  voyons tous les jours les manifestations destructrices tous azimut,  qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;école, de l&#8217;agriculture, de l&#8217;hôpital public, y  a-t-il un secteur épargné par cette dévastation ?</p>
<p>Le travailleur  aurait comme une tendance à être rêvé par nos élites comme une machine,  une mécanique qui exécute des procès édictés par des lois venues du très  haut, c&#8217;est à dire de l&#8217;intelligence supra-céleste d&#8217;experts en  éducation, en soins, en agriculture, en nucléaire, seuls reconnus par  les pouvoirs publics <em>privatisés</em> comme ayant les compétences  nécessaires à l&#8217;élaboration de protocoles efficaces, rentables et qui  plus est, nécessaires de leur point de vue. Ce mouvement de fond,  constaté et analysé depuis plusieurs décennies déjà, est probablement  aujourd&#8217;hui à son apogée et atteint désormais tous les secteurs  d&#8217;activité. L&#8217;onde de choc de ce mouvement génère de la désespérance,  particulièrement dans les secteurs dans lesquels les valeurs et la  culture professionnelle construite sur celles-ci sont le plus en  contradiction avec lui :  les secteurs de l&#8217;éducation et de la santé.</p>
<p>Pour  ce que j&#8217;en sais, le nouveau référentiel, que je n&#8217;encense pas ici, n&#8217;a  pas été conçu par cette race de conquérants à face blème, mais par des  professionnels du soin et des professionnels du secteur de la formation,  c&#8217;est à dire des personnes qui sont directement concernées par la mise  en oeuvre de ce qu&#8217;elles ont contribuées à produire. Tout le contraire  de ce que décrit Louis dans son billet puisque les soignants qui  subissent aussi les rigueurs dévastatrices du fameux protocole n&#8217;en sont  en rien les auteurs. De fait, le nouveau référentiel, malgré ses  défauts, est l&#8217;émanantion du secteur dans lequel il doit être mis en  acte et je gage que, pour peu que nous arrivions à tenir suffisamment en  respect l&#8217;Université (mais je dois avouer mon grand sceptissisme à ce  sujet) nous ajusterons son contenu à la réalité quotidienne de notre  travail.</p>
<p>Par contre, ce qui est beaucoup plus difficile à ajuster  c&#8217;est l&#8217;écart qui existe entre le référentiel (qui n&#8217;est pas un  programme) et la mise en oeuvre sur le terrain des éléments qui concerne  celui-ci. Sur ce point nous retrouvons le grand écart idéologique dont  je parlais plus haut. Le référentiel suppose un accueil par les  professionnels de terrain et un aménagement des organisations de travail  qui prenne en compte les nouvelles exigences de la formation que les  professionnels de terrain ont participé à fonder dans ce que l&#8217;on nomme <em>le nouveau paradigme </em>de la formation en soins infirmiers. Autrement dit :  l&#8217;entrée par compétences.</p>
<h3>Une crise idéologique majeure</h3>
<p>L&#8217;idéologie  progressiste qui préside à ce nouveau paradigme, le constructivisme,  rentre directement en conflit avec l&#8217;idéologie réactionnaire,  néolibérale et béhavioriste qui engage, sous couvert d&#8217;une soi-disant  efficacité économique, une réorganisation <em>rationnelle</em> uniquement  gestionnaire des organisations de travail. La mise en oeuvre, à l&#8217;école  publique comme dans les IFSI, de programmes pédagogiques centrés sur  l&#8217;apprenant et non plus sur des contenus à apprendre, suppose une  pédagogie individualisée avec un suivi singulier des situations  particulières à chacun des apprenants. A l&#8217;école comme sur le terrain  cela génère un surcroit en besoins humains et non la mise en pénurie  volontaire à laquelle on assiste aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Les IFSI perçoivent  déjà cette difficulté en terme de manque de formateurs accentuée il est  vrai par la mise en route du référentiel. Il est possible que cette  difficulté s&#8217;atténue progressivement avec l&#8217;assimilation de la  nouveauté, mais c&#8217;est à voir. Par contre, sur le terrain, le choc est  frontal si j&#8217;en crois les divers témoignages dont j&#8217;ai connaissance, en  particulier à propos de situations vécues par les ESI dans le (de  nouveau) premier CHU de France (<a href="http://www.chu-toulouse.fr/-palmares-2010-" target="_blank">classement du Point </a>).  En effet, dans un grand nombre de services, des attitudes d&#8217;opposition  au nouveau référentiel se manifestent de diverses manières toutes  motivées par les mêmes arguments de manque de moyen en personnel et donc  en temps disponible. La mise en place de tuteurs de stage est le plus  souvent renvoyé à des landemains plus propices.</p>
<p>Bien entendu, tous  les ESI ne sont pas les victimes de cette situation qui n&#8217;est pas  partout identique mais il faut convenir qu&#8217;un effort énorme devra porter  partout à la fois sur le travail pédagogique auprès des personnels de  soins, de la Directrice de Soins à l&#8217;Aide Soignante, travail  d&#8217;explication d&#8217;autant plus lourd que le référentiel est loin de se  donner à la première lecture, il faut le courtiser longtemps, et sur une  mise à plat des organisations de travail afin que celles-ci puissent  d&#8217;une part absorber le flot toujours plus important des stagiaires et,  d&#8217;autre part, mettre à leur disposition du temps que les soignants  mettront à profit sur le versant pédagogique de leur activité  quotidienne.</p>
<p>Et c&#8217;est là que l&#8217;impossible dit son nom : pénurie de personnel !</p>
<h3>Vive la pénurie</h3>
<p>L&#8217;organisation  de travail nécessaire suppose l&#8217;embauche de beaucoup de personnel  infirmier afin de libérer le temps nécessaire aux plus chevronnés à  investir le champ de la formation. A l&#8217;heure actuelle le secteur de la  santé, publique en particulier, connait une crise du recrutement sans  précédent générée par des décennies d&#8217;une politique à courte-vue qui a  creusé le fossé entre de nouvelles générations toujours plus exigeantes  (je vous renvoie aux études sur la génération Y) et un secteur  d&#8217;activité de moins en moins attractif sous de nombreux aspects.</p>
<p>La gestion de cette pénurie est le pain bénie des concepteurs de protocoles dont le job est de trouver les moyens de toujours <em>faire plus pour faire gagner plus</em>.  L&#8217;absurdité apparente de la situation racontée courageusement par Louis  met en lumière un phénomène que nous connaissons bien dans le milieu  des soins : l&#8217;économie de moyen à court terme finit par coûter très très  cher à la fois sur les plans sanitaires, économiques et sociaux et  aussi bien au niveau macro que micro. Si nous devons renverser quelque  chose, si la puissance de notre indignation doit renverser quelque  chose, c&#8217;est bien cette activité contemporaine de la gestion à  courte-vue, de l&#8217;illusion du gain immédiat qui gonfle les dettes de  toute nature. Ne pas voir plus loin que le bout de son nez est un bon  moyen de se casser la gueule dans les escaliers.</p>
<h3>Courage, luttons !</h3>
<p>Merci  à Mr Louis Van Proosdij Dupont dont j&#8217;espère que le tsunami (je cède à  la mode) provoqué par son témoignage ébranlera les suffisances  ministérielles et ploutocratiques des puissants qui prétendent nous  gouverner quand leur sport préféré est de s&#8217;engraisser sur le dos des  plus faibles d&#8217;entre nous. Puissiez-vous vous en sentir mieux  rapidement, Louis, dans votre vie quotidienne et que votre lutte  devienne l&#8217;emblème en laquelle s&#8217;exprime la dignité de ceux et celles  qui sont tous les jours au chevet des humains qui ont besoin de l&#8217;aide  d&#8217;autres humains.</p>
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		<title>De référentiels en portfolio, l&#8217;ombre du paradigme</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Apr 2011 15:42:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouveau référentiel]]></category>
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		<description><![CDATA[De référentiels en portfolio, l&#8217;ombre du paradigme. C&#8217;est le titre de mon dernier article sur mon édition Médiapart : IFSI Form&#8217; Il y est question d&#8217;une dérive totalitaire dont la fonction publique française est la cible privilégié depuis quelques temps. Il y est question d&#8217;une réforme qui porte cette marque et qui s&#8217;appelle Nouveau Référentiel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blogs.mediapart.fr/edition/ifsi-form/article/190411/de-referentiels-en-portfolio-lombre-du-paradigme">De référentiels en portfolio, l&#8217;ombre du paradigme</a>.</p>
<p>C&#8217;est le titre de mon dernier article sur mon édition Médiapart : <a title="IFSI Form'" href="http://blogs.mediapart.fr/edition/ifsi-form" target="_blank">IFSI Form&#8217;</a></p>
<p>Il y est question d&#8217;une dérive totalitaire dont la fonction publique française est la cible privilégié depuis quelques temps.</p>
<p>Il y est question d&#8217;une réforme qui porte cette marque et qui s&#8217;appelle Nouveau Référentiel de Formation en Soins Infirmiers.</p>
<p>Il m&#8217;en a coûté de le publier mais, moi non plus, je n&#8217;ai pas le choix !</p>
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		<title>Du nouveau dans Médiapart</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Mar 2011 12:55:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai le plaisir et l&#8217;avantage de vous faire part de la création d&#8217;une édition participative dont je suis le rédac&#8217;chef C&#8217;est une édition libre d&#8217;accès qui s&#8217;adresse de préférence aux formateurs en soins infirmiers (mes collègues), mais aussi aux professionnels qui sont susceptibles de les encadrer en stage et enfin à toutes les personnes qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai le plaisir et l&#8217;avantage de vous faire part de la création d&#8217;une édition participative dont je suis le rédac&#8217;chef</p>
<p><img class="aligncenter" src="http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT02ArrphVgalA7E-yuV3171s18EWea3c-hwAv0dfxhWXkZ8l2R" alt="" />C&#8217;est une édition libre d&#8217;accès qui s&#8217;adresse de préférence aux formateurs en soins infirmiers (mes collègues), mais aussi aux professionnels qui sont susceptibles de les encadrer en stage et enfin à toutes les personnes qui seraient intéressées par le sujet.</p>
<p>Son adresse est la suivante :</p>
<p><a href="http://www.mediapart.fr/node/116248">http://www.mediapart.fr/node/116248</a></p>
<p>Venez nombreux.</p>
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		<title>Je n&#8217;ai rien à dire, et si on en parlait ?</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 15:52:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[hémicycle]]></category>
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		<category><![CDATA[rêve]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai fait un rêve que j&#8217;éprouve le besoin de publier ici pour une raison qui m&#8217;est encore inconnue au moment d&#8217;en coucher les premiers mots sur cette page blanche de l&#8217;éditeur de blog que j&#8217;utilise. Hormis qu&#8217;il me semble qu&#8217;il se déroule à l&#8217;IFSI ou dans un lieu dont l&#8217;objet même d&#8217;exister est la parole [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai fait un rêve que j&#8217;éprouve le besoin de publier ici pour une raison qui m&#8217;est encore inconnue au moment d&#8217;en coucher les premiers mots sur cette page blanche de l&#8217;éditeur de blog que j&#8217;utilise. Hormis qu&#8217;il me semble qu&#8217;il se déroule à l&#8217;IFSI ou dans un lieu dont l&#8217;objet même d&#8217;exister est la parole et l&#8217;échange de connaissances, je ne vois pas encore clairement ce qui m&#8217;incite à publier, sans que le doute me soit permis, un instant qui relève de l&#8217;intimité pure, dans un espace virtuel offert aux usagers de l&#8217;IFSI, qu&#8217;ils soient étudiants ou formateurs. il s&#8217;agit d&#8217;un lieu dans lequel il y a des salle de cours, des hémicycles et sans doute aussi des cycles où la parole est pour ainsi dire première.</p>
<p>Je m&#8217;apprête à un exercice non coutumier. Un exercice qui justement prend le contre pied de ce qui généralement se pratique dans un IFSI. J&#8217;en suis tout fébrile. Je ne vais pas vraiment donner un cours ni même assurer l&#8217;animation d&#8217;un TD en présence d&#8217;Etudiants en Soins Infirmiers (ESI écrirais-je pas la suite si le besoin en persiste), voilà ce que sont les activités habituelles d&#8217;un formateur en soins infirmiers dans une IFSI quand il n&#8217;est pas en réunion ou dans son bureau en train de préparer des supports ou des contenus ou en train de prendre un café avec ses collègues, ce qui est aussi un moment de travail bien souvent. Je m&#8217;apprête à parler sans avoir rien préparé de ce que je vais dire.</p>
<p>Le public auquel je vais m&#8217;adresser n&#8217;est pas très précis. Il s&#8217;agit de soignants je crois mais je n&#8217;en suis pas si sûr que ça, il s&#8217;agit de personnes qui ont à voir avec l&#8217;hôpital et avec l&#8217;IFSI. Peut-être cela n&#8217;a-t-il pas au fond d&#8217;importance. Je m&#8217;apprête à rejoindre ce groupe dont en fait je ne connais pas la composition avec une proposition vague d&#8217;y prendre la parole pour y dire je ne sais quoi encore. Je me trouve en fait un peu dans la situation de celui qui ouvre un cahier devant une page blanche en se disant : &nbsp;&raquo; je vais écrire !&nbsp;&raquo; mais qui n&#8217;a pas encore le premier mot de ce qu&#8217;il va écrire. Cela n&#8217;est pas mon cas ce matin puisqu&#8217;aussi bien je me suis réveillé avec de quoi coucher sur le papier, même s&#8217;il est virtuel.</p>
<p>Je m&#8217;apprête à pénétrer dans un hémicycle et certains événements mineurs se produisent qui marquent bien un <em>je ne sais quoi</em> d&#8217;une hésitation ou d&#8217;un problème, à savoir que j&#8217;oublie des choses. Je dois réunir des choses que j&#8217;ai laissé je ne sais où alors je perd du temps à les chercher. Serait-ce des notes sur ce que je vais dire, aurais-je tout de même préparé des supports ? Me vient, alors qu&#8217;haletant je vais d&#8217;un lieu à un autre, l&#8217;idée que je pourrais amorcer les choses sur le fait de n&#8217;avoir rien à dire, qu&#8217;est-ce que cela veut dire quand quelqu&#8217;un dit qu&#8217;il n&#8217;a <em>rien</em> à dire ? On pourrait gloser des heures sans doute sur ce <em>rien</em> là et , respectant une mode lacanienne de l&#8217;analyse, enfin croit-on, sur le dire de ce rien. J&#8217;ai enfin récupéré ce que j&#8217;avais oublié, quoique ce soit qui me paraît avoir cette fonction bien connue chez les cadres de santé du dossier bien serré sous le coude, d&#8217;une contenance nécessaire à trouver pour contrer le stress de n&#8217;avoir précisément pas grand chose à dire dans la réunion vers laquelle ce cadre très affairé se dirige.</p>
<p>Mais voilà que presque arrivé dans cet hémicycle dans lequel m&#8217;attend un auditoire probablement préparé à ce que j&#8217;ai justement quelque chose à dire et pas que du gnangnan, je m&#8217;apperçois que j&#8217;ai oublié ma chemise qui à ici des allures de tee shirt puisque, c&#8217;est une caractéristique du rêve il a été question de mon tee shirt hier soir, en compagnie des amis avec lesquels nous fêtions le bac de mon fils aîné. Tee shirt dont, soit dit en passant, mais allez savoir, le col avait été déformé par le passage de ma grosse tête qui ne fût pas très délicat sans doute. J&#8217;étais donc torse nu, ce qui ne se fait pas dans un moment tel que celui-là. Et me voilà reparti dans l&#8217;autre sens à la recherche du vêtement qui me faisait défaut. C&#8217;est à ce moment là que je me suis réveillé comme si, au fond, ce qui était important venait d&#8217;être rêvé et que la confrontation avec le public qui aurait du s&#8217;en suivre n&#8217;avait pas tant que cela d&#8217;importance.</p>
<p>En vérité, me suis-je dit en émergeant de mon rêve avec déjà l&#8217;idée qu&#8217;il fallait que je l&#8217;écrive ce qui le marque déjà du saut d&#8217;une certaine importance, ne voulais-je pas proposer à ce public une sorte d&#8217;espace de parole ?  Parler et surtout communiquer à partir de rien. Etre là, ensemble et échanger des paroles. J&#8217;avais plus ou moins préparé un point de départ avec cette idée de creuser la question de n&#8217;avoir rien à dire, ce qui est assez paradoxal tout de même puisqu&#8217;après tout les personnes présentes n&#8217;ont précisément rien à dire au moment où je pénètre dans le salle et tout à entendre de ma bouche. Ces personnes viennent m&#8217;entendre et voilà que je leur dit tout de go que je n&#8217;ai rien à dire et que nous allons en parler.</p>
<p>Il n&#8217;est sans doute pas anodin que ce rêve je le fasse en ce moment notamment, pour ce que je peux dire ici sans vous dévoiler trop de mon intimité, parce que nous préparons avec mes collègues la rentrée des ESI et qu&#8217;à ceux-ci nous allons proposer une pédagogie basée sur le socio-constructivisme pour lequel il existe un parti pris selon lequel l&#8217;apprenant à précisément des choses à dire avant qu&#8217;il ne lui soit dit quelque chose. Ce parti pris considère l&#8217;apprentissage comme il est dit dans les définitions que l&#8217;on peut trouver sur le net de l&#8217;apprentissage qu&#8217;il s&#8217;agit de la remise en travail des représentations que l&#8217;apprenant a des choses qu&#8217;il doit apprendre. Il y a donc forcément à un moment donné un temps durant lequel le formateur n&#8217;apprend pas à l&#8217;ESI autre chose qu&#8217;à, si l&#8217;on veut bien considérer que c&#8217;est aussi apprendre, s&#8217;écouter ou se lire dans ce qu&#8217;il propose de ce qu&#8217;il sait d&#8217;une chose qu&#8217;il ne pensait pas connaître à priori.</p>
<p>Il n&#8217;est sans doute pas anodin que nous devions aujourd&#8217;hui accueillir Mme Roberton pour la seconde partie d&#8217;une formation qu&#8217;elle nous propose à ce nouveau programme dont je vous entretiens depuis déjà quelques temps. C&#8217;est elle qui est alors la formatrice et moi l&#8217;apprenant, enfin, disons qu&#8217;elle est dans une situation de formatrice et nous d&#8217;apprenant, ce qui, on le sent bien, n&#8217;est pas si évident que cela qu&#8217;il puisse être pratiqué cette dichotomie dans cette rencontre avec cette personne. Cependant, que l&#8217;on veuille bien considérer ce que je dis maintenant qui exprime une certaine confusion dans les rôles et les positions. Je suis un formateur qui n&#8217;a rien à dire sinon qu&#8217;à proposer qu&#8217;il soit dit quelque chose là dessus par d&#8217;autres. Autrement dit je suis dans le rêve un formateur qui n&#8217;est pas enseignant mais qui souhaite que l&#8217;apprentissage se fasse quand même de quelque chose dont il n&#8217;amène rien.</p>
<p>Il n&#8217;est pas anodin enfin, et je crois que je n&#8217;irais pas au delà sans courir le risque de vous placer au lieu où doit se trouver mon analyste, que ce rêve se produise dans un contexte global dans lequel le <em>vivre ensemble</em> en à pris un sacré coup dans l&#8217;aile. Je me demande si ce formateur de mon rêve n&#8217;est pas en fait une sorte d&#8217;homme politique. J&#8217;y ai pensé dès mon réveil en cherchant instinctivement à comprendre ce que j&#8217;étais dans mon rêve. J&#8217;étais un être, qui a hésité à se présenter à moitié nu d&#8217;ailleurs, qui avait envie qu&#8217;il naisse quelque chose de ce rien, de ce néant idéologique dans lequel nous vivons et dans lequel nous nous tracassons depuis quelques années à la recherche d&#8217;une issue. Un agitateur en fait, puisqu&#8217;aussi bien c&#8217;est commettre un acte très provocateur qu&#8217;il est difficile d&#8217;assumer d&#8217;ailleurs que de se présenter dans un hémicycle en disant, contrairement à Mr Onfray qui a malheureusement toujours beaucoup à dire et à écrire: &laquo;&nbsp;Bon, les gars, moi je n&#8217;ai rien à dire, et si on en parlait ?&nbsp;&raquo;   </p>
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		<title>Histoire de consensus</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2010 12:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouveau référentiel]]></category>
		<category><![CDATA[penser]]></category>
		<category><![CDATA[réforme]]></category>
		<category><![CDATA[urgence]]></category>

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		<description><![CDATA[Je reprend le fil de ce blog un peu laissé pour compte depuis quelques temps parce que du nouveau à dire se presse par ici (je montre mon crâne avec l&#8217;index de la main droite et ma bouche avec celui de la main gauche). Ne m&#8217;en veuillez pas si, parce qu&#8217;au fond je suis un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je reprend le fil de ce blog un peu laissé pour compte depuis quelques temps parce que du nouveau à dire se presse par ici (je montre mon crâne avec l&#8217;index de la main droite et ma bouche avec celui de la main gauche).</p>
<p>Ne m&#8217;en veuillez pas si, parce qu&#8217;au fond je suis un solitaire, je vous prends à témoin et vous utilise afin de reconstituer cette histoire appelée : &laquo;&nbsp;Nouveau Programme&nbsp;&raquo;. C&#8217;est parce que du désordre y semble régner, au moins selon le point de vue du solitaire, que j&#8217;éprouve le besoin de m&#8217;en ressaisir. De me ressaisir des différents plans qui s&#8217;y superposent, s&#8217;y heurtent, s&#8217;y brisent, créant ainsi une zone de turbulence composée d&#8217;objets fracturés propices à la dissimulation , au trompe l&#8217;œil et aux jeux infinis de miroir et d&#8217;ombres chinoises.</p>
<p>Je suis un formateur en soins infirmiers d&#8217;<em>origine</em> psy, comme on dit, marquant peut-être le fait qu&#8217;il ne l&#8217;a pas fait exprès, qu&#8217;il ne faut pas lui en vouloir. C&#8217;est peut-être pour cela que je ne suis pas méfiant, déjouant ainsi les paroles autorisées selon lesquelles tous les psys sont paranos s&#8217;ils ne sont fous. Peut-être suis-je fou ? Toujours est-il que j&#8217;essuie la tempête, comme mes collègues formateurs en Institut de Formation en Soins Infirmiers, d&#8217;un changement aussi subit qu&#8217;il est radical, d&#8217;un système de formation qui a la fâcheuse habitude d&#8217;être remanié tous les vingt ans environ.</p>
<p>Retisser l&#8217;histoire de celle-ci de réforme, on a tant glosé sur la précédente, tant gueulé et tant pleuré de rage. Ici, tous le monde semble accepter l&#8217;évidence et l&#8217;inéluctabilité qu&#8217;une réforme non seulement était nécessaire mais qu&#8217;en plus elle était urgente au point que le décret paru en Août soit exécutoire en Septembre.</p>
<p>Nous vivons une période propice au consensus mou que je qualifierais plutôt de &laquo;&nbsp;consensus douloureux&nbsp;&raquo;. Tout le monde semble accepter, notez l&#8217;inclinaison particulier qu&#8217;il &laquo;&nbsp;semble&nbsp;&raquo;, une réforme qui ressemble un peu aux aléas climatiques actuels par sa violence, sa soudaineté et puis le sentiment qu&#8217;elle traîne d&#8217;un doute, voire plusieurs doutes,  sur les intentions qu&#8217;elle contient.</p>
<p>Pourquoi donc était-ce si urgent ? Eh bien à cette question il fût répondu en son temps, je ne sais plus en quels termes exactement mais cela voulait dire : &laquo;&nbsp;Il faut agir avant que les gens concernés ne se mettent à penser !&nbsp;&raquo;. C&#8217;est pas de la provocation, juste la vérité. Si on laisse aux Directeurs d&#8217;IFSI et à leurs formateurs le loisir de réfléchir aux tenants et aboutissants de cette réforme, elle ne se fait pas, c&#8217;est aussi simple que cela et probablement exact, mais cela je peux le dire aujourd&#8217;hui seulement. Urgent, au point de placer les acteurs, des IFSI mais aussi, et surtout dirais-je même, des lieux de stage, devant des difficultés dont certaines se révèlent de moins en moins supportables.</p>
<p>Ne pas laisser le temps de penser, de se retourner, de se réunir, de contester, de se manifester, de s&#8217;engueuler, en bref, ne pas laisser le temps à la disputatio, voilà bien une des caractéristiques des temps qui courent vite aiguillonné qu&#8217;il est de l&#8217;idéologie dévastatrice du néolibéralisme triomphant. Agir vite, poussé par certains qui semblent craindre que la mort ne les prenne avant, ou la vieillesse. Plus prosaïquement je me demande, et je pose la question ici, si cet empressement n&#8217;a pas un sens, si cet insupportable là, dont je ne peux pas croire qu&#8217;il n&#8217;ait pas été envisagé par les élites pensantes qui ont pondu la chose, n&#8217;a pas été pesé et mesuré et qu&#8217;il n&#8217;a pas été conclus qu&#8217;on pourra s&#8217;en accommoder le temps venu.</p>
<p>Je ne crois pas possible que les technocrates qui ont construit cette machinerie très sophistiquée n&#8217;en aient pas pesé certaines conséquences essentielles, comme par exemple le marasme dans lequel seront précipités les IFSI et les établissements de santé lors des mises en stages des étudiants en soins infirmiers. Cela ne me semble pas possible parce que cela est tout simplement mécanique, comptable, arithmétique et que les technocrates à l&#8217;origine de ce projet sont des gens très pragmatiques et très rationnels formatés dans des écoles hautes et hautement scientifiques. La mathématique des ressources humaines et matérielles voilà qui les connait aussi bien que les recons de leur salle de bain.</p>
<p>Cela est sûr, on le voit poindre aujourd&#8217;hui avec évidence, un grand bazar nous attend lors des mises en stage futures dont les acteurs perçoivent les dimensions cosmiques et s&#8217;alarment, harcelant de question les formateurs qui s&#8217;acquittent de leur mission de contrôle et de formation.</p>
<p>Remarquez qu&#8217;à se presser autant on voit certaines lois pondue un jour et retirées le lendemain en tout ou partie comme celle permettant la création de l&#8217;Ordre Infirmier. Si ces gens n&#8217;étaient pas payés avec les deniers du contribuable et missionnés dans le sens du bien public, on pourrait se marrer tant et plus et se foutre de leur tronche, mais là, j&#8217;avoue, moi ça me fait pas rigoler.</p>
<p>A suivre</p>
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		<title>La problématique</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 07:37:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[TFE]]></category>
		<category><![CDATA[problématique]]></category>
		<category><![CDATA[questionnement]]></category>

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		<description><![CDATA[Un travail de recherche sans problématique serait l&#8217;équivalent du dessin du bonhomme sans qu&#8217;il y soit représenté le torse. Il s&#8217;agit en effet du cœur même de la recherche, ce par quoi elle vit et palpite, ce par quoi elle transite et se digère lentement et par quoi finalement elle est produite. Pour tenter, modestement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un travail de recherche sans problématique serait l&#8217;équivalent du dessin du bonhomme sans qu&#8217;il y soit représenté le torse. Il s&#8217;agit en effet du cœur même de la recherche, ce par quoi elle vit et palpite, ce par quoi elle transite et se digère lentement et par quoi finalement elle est produite.<br />
Pour tenter, modestement et comptant sur vos commentaires pour affiner la chose (hum ! pas beaucoup de retours sur ce blog), d&#8217;expliquer ce que peut être une problématique la voie la plus sure semble être, m&#8217;inspirant ici du Quivy, de prendre un exemple concret autour duquel articuler mon propos.<br />
L&#8217;actualité nous en propose un bien comme il faut, choisi aussi pour que les étudiants en soins infirmiers s&#8217;y reconnaissent mais qu&#8217;en même temps ils ne soient pas gênés si par aventure j&#8217;avais choisi un thème qu&#8217;ils auraient souhaité traiter pour leur Travail de Fin d&#8217;Étude. Le comportement de rejet des soignants vis à vis de la vaccination contre la grippe H1N1 ne laisse pas indifférent, en particulier pour ce qui nous concerne celui des infirmières.<br />
Il n&#8217;est pas besoin ici de démontrer que cette situation problème est interpellante et répétitive suivant le modèle établie de la situation interpellante que l&#8217;on trouve en amont de la problématique. En effet ce rejet est massif, il ne suffit que de considérer les appels du pieds, tant que ce n&#8217;est que du pied, de nos gouvernants, nos directeurs et nos établissements pour s&#8217;en convaincre. La situation est inquiétante, perturbante et à bien des égards insatisfaisante.<br />
Pour toutes ces raisons et d&#8217;autres que nous allons voir, nous assistons à un <em>phénomène</em> d&#8217;une grande ampleur. Ce mot est important dans la recherche en science sociale, et notre situation relève de ce type de recherche comme c&#8217;est souvent le cas pour les Travaux de Fin d&#8217;Étude pour le DEI. Cherchons une définition intéressante du mot<em> phénomène</em> en utilisant l&#8217;étonnant outil que voici (<a href="http://www.cnrtl.fr/portail/" target="_parent">portail du CNRTL</a>) et que vous pouvez atteindre grâce à votre navigateur libre préféré (<a href="http://www.mozilla-europe.org/fr/firefox/" target="_parent">firefox</a> bien sur). Dans la zone <em>Lexicographie</em> tapons notre mot. Les deux premières définitions sont intéressantes pour nous mais je retiens surtout la seconde : <em>&laquo;&nbsp;Ce que l&#8217;on observe ou constate par l&#8217;expérience et qui est susceptible de se répéter ou d&#8217;être reproduit et d&#8217;acquérir une valeur objective, universelle&nbsp;&raquo;</em>.<br />
Comme on le voit le choix du phénomène étudié est capital et nous retrouvons dans cette définition les indicateurs de ce qu&#8217;est une situation interpellante valable.<br />
La problématique est inséparable d&#8217;un processus de problématisation dont on peut dire d&#8217;ores et déjà qu&#8217;il va dans un premier temps s&#8217;appliquer à discerner ce qui se rapporte directement au phénomène en termes d&#8217;idées préconçues, d&#8217;opinions non fondées, de discussions de comptoirs comme on dit, bref, &laquo;&nbsp;qu&#8217;en est-il de ce que je pense à priori de cette question ?&nbsp;&raquo;, doit se demander le chercheur conscient de ce qu&#8217;il entreprend.<br />
En la matière cela ne manque pas : c&#8217;est parce que l&#8217;excipient n&#8217;est pas fiable, ça vient de Chine donc c&#8217;est forcément altéré, voire toxique, c&#8217;est une manipulation du gouvernement qui veut écouler ces stocks de vaccins qui nous ruinent, on veut nous foutre la pétoche pour mieux nous faire avaler la régression due à la crise, etc&#8230;<br />
Il ne s&#8217;agit pas de se faire du mal en refoulant tout cela, en le niant ou en le méprisant, il est normal que nous participions à ce mouvement d&#8217;opinion. Mais la posture du chercheur le conviera à ne pas s&#8217;en tenir là ! Ces points de vus, pas forcément erronés, ne sont pas fondés sur un travail de la raison mais participent d&#8217;un émoi collectif duquel le chercheur doit volontaire se dissocier.<br />
Le travail de la problématique lui permet cette mise à distance non pas du phénomène mais de ce que j&#8217;ai appelé un émoi collectif.<br />
Il y a plusieurs méthodes pour réaliser cette distanciation productrice de sens. Je ne vais vous en proposer qu&#8217;une seule, qui nous semble (aux formateurs des IFSI publiques de la Haute-Garonne au moins) la plus efficace. Elle met en jeu ce que l&#8217;on appelle <em>la multiréférentialité </em>(concept d&#8217;analyse développé par Jacques Ardoino). Il s&#8217;agit en somme, pour le dire vite, d&#8217;ouvrir un questionnement dans plusieurs champs. Dans nos explications préconçues du phénomène nous en avons déjà quatre qui se présentent à nous mais qui sont traités vulgairement, si vous me permettez ce qui frise le jugement de valeur. Le premier est scientifique, biochimique, c&#8217;est la question de l&#8217;excipient, le second est économique, le gouvernement à dépensé l&#8217;argent du contribuable et veut maintenant donner un sens à ce gaspillage, le troisième est sociologique, la peur permet de manipuler les foules. Je passe sur les allusions racistes et xénophobe concernant la Chine et les chinois. Il s&#8217;agit d&#8217;autant de points de vue, d&#8217;angles d&#8217;attaque possibles et il convient d&#8217;en ouvrir autant qu&#8217;il est possible en utilisant l&#8217;exploration, c&#8217;est à dire en lisant ce qui est écrit à propos de ce phénomène dans la presse, des ouvrages, des revues, etc&#8230; (ce que je n&#8217;ai pas fait pour ce billet je le précise pour être honnête) et en recueillant les propos de personnes avisées. Ainsi le chercheur se fera-t-il une représentation riche du phénomène et intensifiera-t-il son questionnement en suivant les linéaments de chaque point de vue découvert.<br />
Il ne lui restera donc plus qu&#8217;à faire son choix parmi les voies qui s&#8217;offrent à lui. Choix qui peut se faire par affinité, pourquoi pas, parce qu&#8217;il nous semble que ce point de vue est le plus pertinent, ce que la suite pourrait infirmer d&#8217;ailleurs, mais la recherche est aussi la source de la surprise et de la découverte. Ce peut être aussi parce que je me sens capable d&#8217;aborder le phénomène sous cet angle. La recherche est un exercice d&#8217;humilité.<br />
Ce choix sera aussi fait en fonction de ce que l &#8216;exploration aura permis de découvrir comme notions ou concepts valides et pertinents dans le domaine étudié. Ces concepts vont nous permettre alors de poser une question initiale de recherche qui les contient et qui constituera le sous-bassement sur lequel sera bâti le pôle théorique de la recherche.<br />
En l&#8217;occurrence et pour cette thématique nous découvririons que les apriori courants ne prennent pas en compte les questions éthiques que l&#8217;on peut sans doute retrouver (je n&#8217;ai pas fait ce travail je le répète !) dans une exploration plus poussée. Il ne s&#8217;agit pas de dire que l&#8217;infirmière, parce qu&#8217;elle est infirmière, ce qui ne peut pas constituer un élément déterminant, devrait accepter la vaccination, montrant ainsi le bon exemple à l&#8217;ensemble de la population, mais que cette question d&#8217;éthique est un pôle important du questionnement du chercheur par rapport à un phénomène qu&#8217;il choisirait d&#8217;étudier sous cet angle là. Peut-être se demanderait-il alors ce qui fait des soignants, des infirmières en particulier, dans cette affaire entremêlée de politique et d&#8217;économique, les représentants d&#8217;une opinion publique sceptique et responsable du point de vue de la santé publique. L&#8217;angle serait ainsi plutôt sociologique. Il semble qu&#8217;à première vue les soignants soient les mieux informés et les plus aptes à décider que ce vaccin est fiable ou non, utile ou non, leur point de vue sur cette question est donc capital et a une influence considérable sur l&#8217;opinion du public. C&#8217;est en quoi ce problème ne peut être traité dans un TFE entre parenthèse, puisqu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une activité de soin de l&#8217;infirmière.<br />
La problématique est donc un questionnement qui guide le chercheur dans ses choix théoriques. Ce questionnement contient les concepts à étudier. Ici les soignants occupent une place de <em>directeur de conscience</em> de la société par rapport à un comportement commandé par l&#8217;état français, leur <em>influence</em> sur les décisions de la population est-elle <em>légitime</em> ? Ils se positionnent comme des objecteurs de conscience et leur attitude enjoignent aux gouvernants de faire une lumière claire et franche sur la vaccination contre la grippe H1N1.<br />
Voilà, j&#8217;espère avoir contribué à éclaircir ce que peut être la problématique dans un travail de recherche.</p>
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		<title>InLibroVeritas</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 11:47:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une nouvelle façon d&#8217;aller vers des lecteurs, je m&#8217;y essaye. Vous pouvez retrouver dores et déjà une partie de mes poèmes regroupés sous l&#8217;intitulé &#171;&#160;Voyage dans les andains&#160;&#187; à la page suivante: Ma page sur InLibroVeritas Il est possible de lire en ligne, comme sur un blog, de laisser des commentaires, de télécharger pour une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><a href="http://www.inlibroveritas.net/"><img title="InLibroVeritas" src="http://www.jargenty.fr/wp_poesie/wp-content/uploads/2009/11/InLibroVeritas.png" alt="InLibroVeritas" width="329" height="77" /></a></h2>
<p>Une nouvelle façon d&#8217;aller vers des lecteurs, je m&#8217;y essaye.</p>
<p>Vous pouvez retrouver dores et déjà une partie de mes poèmes regroupés sous l&#8217;intitulé &laquo;&nbsp;Voyage dans les andains&nbsp;&raquo; à la page suivante:</p>
<h3 style="text-align: center;">Ma page <a href="http://www.inlibroveritas.net/auteur13708.html">sur InLibroVeritas</a></h3>
<p>Il est possible de lire en ligne, comme sur un blog, de laisser des commentaires, de télécharger pour une somme très modique au format papier .pdf et bien d&#8217;autres choses.</p>
<p>Je vous invite à découvrir ce nouveau mode d&#8217;édition libre qui correspond à mon sens à ce qui devrait se développer dans l&#8217;avenir pour le meilleur de la culture.a</p>
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		<title>In treatment</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 13:07:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Santé Mentale]]></category>
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		<description><![CDATA[Colère, pleurs, angoisse, stress et panique, désaroi et amertume ; dépression, illusion, déprime, jeu de cache-cache, haine et amour. C&#8217;est le moins que je puisse dire, la série &#171;&#160;In treatment&#160;&#187;, traduite à tort &#171;&#160;En analyse&#160;&#187;, nous donne à percevoir, ressentir, comprendre, les affres insondables de l&#8217;âme humaine. J&#8217;ai du tricher un peu pour la voir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Colère, pleurs, angoisse, stress et panique, désaroi et amertume ; dépression, illusion, déprime, jeu de cache-cache, haine et amour. C&#8217;est le moins que je puisse dire, la série &laquo;&nbsp;In treatment&nbsp;&raquo;, traduite à tort &laquo;&nbsp;En analyse&nbsp;&raquo;, nous donne à percevoir, ressentir, comprendre, les affres insondables de l&#8217;âme humaine. J&#8217;ai du tricher un peu pour la voir mais je ne le regrette pas tant elle est passionnante.<span id="more-293"></span></p>
<p>Nous sommes en psychothérapie. Il n&#8217;est jamais dit ni sous-entendu que nous sommes en thérapie analytique ou autre. Ce qui est certain par contre c&#8217;est que c&#8217;est le sens de la vie qui nous intéresse et intéresse Paul Weston, le thérapeute, le sens de sa propre vie aussi bien. Le sens de la vie que l&#8217;on peut saisir uniquement par le bout qui vient aux lèvres du patient, ce qu&#8217;il est en mesure d&#8217;en conscientiser dans le face à face. Il y a bien un divan mais jamais personne n&#8217;y est allongé sauf pour pleurer ou pour dormir.</p>
<p>Paul, nous l&#8217;appellerons Paul, comme ses patients, y dort lui même quand ses relations familiales l&#8217;y conduisent. C&#8217;est une qualité et c&#8217;est sans doute à la base même du succès de cette série que de nous montrer un être humain dont le job quotidien est d&#8217;écouter attentivement s&#8217;égrener les petits bouts de vie qui viennent à être confiés à son soin. Un homme, avec sa propre vie, ses propres problèmes, sa torture intime qui ne le laisse pas en repos. Combien de fois me suis-je reconnu ici et là, touché jusqu&#8217;aux larmes par la fragilité des sujets représentés là dans toute leur vulnérabilité.</p>
<p>Deux séries de 35 épisodes de 25 minutes chacun. On y voit que le thérapeute a une technique, des stratégies, déjouées parfois par la sagacité de patients intelligents. Cette technique, ses règles et ces stratégies on les voit à l&#8217;oeuvre et on les voit aussi faillir devant la tension interne, quand le thérapeute, rattrapé par sa vie personnelle, n&#8217;arrive pas à s&#8217;oublier assez pour laisser place à l&#8217;autre, son client. Congruence, savoir ce qu&#8217;il fait là, Paul, qui lui sera rappelé plus tard, voir pour quoi il sera accusé, acculé, trainé devant un tribunal. Comment aider l&#8217;autre quand il est si retors qu&#8217;il change un bien en mal, qu&#8217;il transforme la réalité de sa propre existence, qu&#8217;il modifie sans cesse sa biographie. Que faire d&#8217;autre qu&#8217;écouter et l&#8217;on voit Paul, si sensible, si plein d&#8217;amour à donner, si vulnérable dans sa chair et son âme, se tromper, céder sur les limites, sur la loi.</p>
<p>Pas de pot, au moment même ou j&#8217;écris cela vient se déverser dans mes oreilles une des chansons les plus émouvantes pour moi : le générique du film<em> &laquo;&nbsp;Bagdad Café&nbsp;&raquo;</em>. J&#8217;en ai les larmes au bord des yeux et l&#8217;âme qui déborde de la joie de cette étendue cosmique qui me pénètre. Je vous laisse 3 minutes.</p>
<p>Comme le personnage de Mrs Dalloway dans le film &laquo;&nbsp;The Hours&nbsp;&raquo; se met soudain à pleurer de façon cataclysmique et s&#8217;exclame ensuite que c&#8217;est la joie, qu&#8217;elle déborde de joie. On a du mal à la croire. Pourtant les émotions humaines sont ainsi que l&#8217;inconscient peut y introduire de la discordance. L&#8217;inconscient des personnages si bien campés dans tous les épisodes est présent de façon permanente, il s&#8217;exprime avec justesse et finesse, un vrai travail d&#8217;orfèvre. Sans doute n&#8217;est-ce pas étranger au fait que la série originale sur laquelle est basée la série américaine est israélienne. Je me demande s&#8217;il n&#8217;y a pas une sensibilité particulière de l&#8217;âme juive à l&#8217;introspection. Je me souviens avec émotion du film <a title="Valse avec Bachir" href="http://www.valseavecbachir-lefilm.com/"><em>Valse avec Bachir</em></a> qui est lui aussi une plongée dans les abimes de l&#8217;inconscient autour d&#8217;un sujet gravissime, un film d&#8217;animation israélien d&#8217;une justesse extraordinaire, mais violent aussi.</p>
<p>Enfin, je vous invite à vous procurer cette série qui nous en apprend plus sur le soin relationnel que beaucoup de cours ou de TD menés même avec passion et conviction. Bonne nouvelle d&#8217;ailleurs, une saison 3 va être mise en chantier et une version française serait dans les cartons. Que du bon quoi !</p>
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		<title>CinePsy</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 10:57:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Administration]]></category>
		<category><![CDATA[films]]></category>

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		<description><![CDATA[Mise à jour générale de mes pages cinéma. J&#8217;ai rajouté deux nouvelles pages : une consacré aux films sur l&#8217;autisme et les autres troubles du développement et une autre consacrée aux films mettant en scène la pathologie d&#8217;Alzheimer et autres problèmes psychiques du grand âge. J&#8217;ai ajouté des films dans ces 2 nouvelles pages mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mise à jour générale de mes pages cinéma. J&#8217;ai rajouté deux nouvelles pages : une consacré aux films sur l&#8217;autisme et les autres troubles du développement et une autre consacrée aux films mettant en scène la pathologie d&#8217;Alzheimer et autres problèmes psychiques du grand âge.</p>
<p>J&#8217;ai ajouté des films dans ces 2 nouvelles pages mais aussi dans les autres comme &laquo;&nbsp;The Hours&nbsp;&raquo;, que j&#8217;ai regardé de nouveau avec toujours la même fascination pour le personnage de Virginia Woolf.</p>
<p>Je recherche les références d&#8217;un film qui retrace la biographie d&#8217;une écrivain Australienne ou Néo Zélandaise perturbée par la maladie mentale. Pouvez-vous m&#8217;aider ? Je l&#8217;ai vu à la cinémathèque de Toulouse lors d&#8217;une manifestation qui lui était consacré.</p>
<p>J&#8217;ai trouvé, après quelques recherches, il s&#8217;agit de Janet Frame et d&#8217;un film de Jane Campion : <em>Un Ange à ma table. </em>Je l&#8217;ajoute.</p>
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		<title>L&#8217;interpellation</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Sep 2009 06:07:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Formateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[TFE]]></category>
		<category><![CDATA[constat]]></category>
		<category><![CDATA[situation interpellante]]></category>

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		<description><![CDATA[Les étudiants en soins infirmiers sont bien embarrassés quand les formateurs, malapris malpolis, leur demande de pondre une, voire plusieurs situations &#171;&#160;interpellantes&#160;&#187; en mode inaugural de la longue torture nécessaire qui les conduit à produire leur Travail de Fin d&#8217;Etude. Je relève d&#8217;abord que ce mot n&#8217;est pas dans le dictionnaire et que même dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les étudiants en soins infirmiers sont bien embarrassés quand les formateurs, malapris malpolis, leur demande de pondre une, voire plusieurs situations &laquo;&nbsp;interpellantes&nbsp;&raquo; en mode inaugural de la longue torture nécessaire qui les conduit à produire leur Travail de Fin d&#8217;Etude.</p>
<p>Je relève d&#8217;abord que ce mot n&#8217;est pas dans le dictionnaire et que même dans le lexicographe du CNRTL, il ne lui est pas accolé de définition. Ce portail nous ouvre par ailleurs, parce que nous ne sommes pas abandonnés de tout dans l&#8217;épreuve et qu&#8217;un Dieu attentionné pourvoit dans les situations de crise (Hum !), une <a title="page du CNRTL" href="http://www.cnrtl.fr/definition/interpeller">page concernant le verbe &laquo;&nbsp;interpeller&nbsp;&raquo;</a> dans laquelle nous apprenons des choses instructives.<span id="more-243"></span></p>
<p>L&#8217;interpellation a plusieurs sens ramifiés pourrait-on dire. Il s&#8217;agit d&#8217;attirer l&#8217;attention d&#8217;un autre. Cette interpellation traverse l&#8217;espace pour atteindre l&#8217;organe de l&#8217;audition d&#8217;un quidam qui peut être éloigné physiquement ou bien dans ses pensées. Ainsi les bergers des pyrénées s&#8217;interpellent-ils d&#8217;un versant à l&#8217;autre d&#8217;une vallée avec des cris ou des sifflets puissants ou le parent excédé fait sortir de son jeu vidéo le gosse qui a des devoirs en sursit. Cette interpellation contient une idée de soudaineté et même de brusquerie que l&#8217;on retrouve dans l&#8217;interpellation policière. Les flics interpellent un suspect et le somme de répondre à leurs questions. Là aussi il s&#8217;agit d&#8217;un fait brutal, parfois aussi au sens propre et physique de la chose lorsque le suspect est un violent réel ou supposé tel.Dans cette interpellation nous voyons très nettement se dessiner une position de domination qui cherche à s&#8217;affirmer.</p>
<p>Il est possible aussi, comme à l&#8217;Assemblé Nationale, d&#8217;interpeller un gouvernement au sujet d&#8217;une action, d&#8217;une intention, de propos tenus par un ministre ou le chef de l&#8217;état comme cela arrive trop en ce moment. En fait, une sommation est adressée au gouvernement de s&#8217;expliquer, comme si les députés en l&#8217;occurence se sentaient trompés, floués, qu&#8217;un déni de justice ou même un déli était suspecté chez un représentant de la plus haute autorité du pays.</p>
<p>Il semble donc que notre &laquo;&nbsp;situation interpellante&nbsp;&raquo;, au final, n&#8217;ait que peu à voir avec cela ! Qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils ont encore inventé les cadres formateurs, les chercheurs en soins infirmiers, les concepteurs de ce support d&#8217;évaluation appelé TFE ?</p>
<p>Ce que l&#8217;on peut tirer de cette courte étude de l&#8217;interpellation c&#8217;est l&#8217;idée d&#8217;un appel. Il est supposé que l&#8217;Etudiant en Soins Infirmiers est appelé, enfin, que son attention est attiré par des situations qui produisent une sorte d&#8217;appel auquel il est sensé répondre par le truchement d&#8217;une activité réflexive à propos de laquelle il conviendrait aussi de s&#8217;interroger. D&#8217;autre part on retrouve l&#8217;idée de brusquerie. La situation interpellante opère une sorte d&#8217;intrusion souvent violente dans l&#8217;entendement de l&#8217;impétrant infirmier. C&#8217;est sans doute la raison pour laquelle il s&#8217;agit souvent de situation qui manifestent d&#8217;une écart important entre les idéaux et le réel, qui devient alors un vecteur d&#8217;émotions altérées, de colère, de tristesse, de déception et jusqu&#8217;au dégoût.</p>
<p>Ce qui est donc important à relever c&#8217;est qu&#8217;à priori toute situation interpellante, prise dans le sens que nous avons élaboré ci-dessus, n&#8217;est pas bonne à prendre pour y exercer une activité réflexive susceptible de produire un TFE ou un travail de recherche en soins infirmiers. C&#8217;est ce tri qui est difficile à opéré d&#8217;autant plus que, l&#8217;interpellation générant des affects négatifs de tristesse (voir Spinoza et son incommensuble Ethique) le plus souvent, elle met le futur soignant dans une position psychique intenable tant qu&#8217;il n&#8217;a pas acquis la maturité nécessaire à la mise à distance, à la relativisation de faits parfois anecdotiques dans une réalité plus contrastée sur laquelle on peut ajouter qu&#8217;en tant que professionnel il aura une action.</p>
<p>Cette position inconfortable pousse l&#8217;étudiant à respecter un certain nombre de lois psychologiques, la première étant qu&#8217;il faut éviter de se vautrer comme un porc dans des idées violemment en opposition avec ses valeurs, ses idéaux. Or, c&#8217;est ce qui est plus ou moins attendu tout de même. L&#8217;individu confronté à un tel dilemme : &laquo;&nbsp;je veux être infirmier comme ce salopard qui transmet ses germes à tous le monde parce qu&#8217;il n&#8217;utilise pas comme il sied Sainte SHA !&nbsp;&raquo; par exemple, aura tendance à nier l&#8217;interpellation, à la refouler. C&#8217;est il me semble ce qui se traduit par :&nbsp;&raquo;Je ne sais pas de quoi parler, je n&#8217;ai pas d&#8217;idées, je n&#8217;ai pas été interpellé.&nbsp;&raquo; Il me semble qu&#8217;au contraire ces jeunes gens ont été si souvent interpellés par des sommations agressives et répétées à être ce qu&#8217;ils ne veulent pas être, qu&#8217;au moment de faire part d&#8217;une situation qui les a interpellé il se présente à leur esprit un vide sidérant ou encore une sorte de magma brumeux et désagréable.</p>
<p>Il y a donc autour de l&#8217;interpellation formative à produire un constat contenant une ou plusieurs situations interpellantes, à conduire un travail de mise à jour des vécus émotionnels en contradiction avec les idéaux des futurs soignants. Faute de quoi ils seront en peine pour professionnaliser leur réflexion et dans l&#8217;incapacité d&#8217;opérer la mise à distance, autrement dit la conscientisation, des situations violentes et de leur corollaire en terme d&#8217;émotions ressenties.</p>
<p>En conclusion nous pouvons dire qu&#8217;une situation interpellante ne le devient qu&#8217;une fois qu&#8217;elle apparait suffisamment distinctement à la conscience de celui qui l&#8217;a vécue. Le prototype de ce phénomène peut être trouvé, pour marquer les esprits, dans le traumatisme de guerre ou de catastrophe qui génére une amnésie des faits accompagné d&#8217;un refoulement massif des émotions liés à ces événements. En sommes, le propre de ce type d&#8217;interpellation est de n&#8217;être pas recevable en l&#8217;état de réel mais seulement en l&#8217;état d&#8217;événements métabolisés psychiquement, transformés, filtrés et reformulés par l&#8217;intermédiaire d&#8217;un autre qui fait tier entre soi et les choses, le formateur en l&#8217;occurence.</p>
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